mardi 4 novembre 2008

IX. Enfantin.

"Alors Megara lui lâcha la main. Sur ses lèvres trop peintes s'étira un sourire étrange, et du menton désigna doucement le sol, le béton qui sous le soleil brulant s'étalait. "Regarde, Morphée...", un doigt effilé qui se tend vers la route nue, et une fierté qui, tout doucement mais surement, pointe dans la voix chaude. "Regarde, c'est tout pour toi...". Et des étoiles qui viennent éclairer tout entiers les yeux trop longtemps éteints.
Il y avait des gens avec qui la nature était profondément injuste. D'autres avec qui elle était... un peu trop aimable. D'autres encore à qui elle avait donné tous les donc, et qui les méritaient. Pour Emma, comme pour Adam, comme pour tous ceux qui les entouraient, Megara était de ces derniers. Son corps tout entier était un don: De ce regard qui perçait jusqu'au coeur, jusqu'à cette bouche qui trouvait toujours la justesse, en passant par cette peau à la beauté absurde et ces images qui brillaient au fin fond de son âme et de ses dessins. Megara était parfaite, et même la souffrance que cette perfection lui avait livré comptait chez elle comme une qualité.
Sur l'asphalte de la grand rue, la femme avait dessiné à la craie des enfants, à la craie du bon temps, tout l'amour qu'elle lui portait."

Aucun commentaire: