dimanche 8 février 2009

XV. Miroirs.

"Corriger la réalité. La courbe d'une bouche, d'une hanche, d'un œil trop fixe. Corriger nos corps et nos idées - Plaire, plaire à tout prix, nous plaire pour ne plus leur déplaire. Exister. Effacer du revers de la main tous ces défauts qui nous détruisent. Chercher l'amour, chercher la vie - De toute la force palpitante d'un cœur trop brisé, et qui ne bat déjà plus. Lever les yeux, les baisser à nouveau. Encore. Encore. ENCORE. Tout faire pour mieux défaire. Les plus belles illusions vaudront toujours les plus belles désillusions. La vie est ainsi mon ange. Il y a leurs sourires qui nous ressemblent - Mais nous, nous nous ne sourions plus. Et nous ne sourirons plus. Au loin les oiseaux qui s'envolent. Les plumes s'emmêlent, vont guetter dans un ciel rouge des poissons bleus. Poissons bleus. Bocal fixe. Tourner en rond. Encore. Encore. ENCORE. C'est la peste qui nous guette, qui nous affame, qui nous halète. C'est la peste et son visage est beau - Plus beau que le notre, que l'on corrige à l'infini. Paupières trop lourdes. Trop lourd le monde. Dormir à l'infini. Dormir dans l'infini. Encore. Encore. ENCORE.
De quoi j'ai peur?
J'ai peur des miroirs."

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