dimanche 12 octobre 2008

I. Minuit.

"C'était un peu comme un paradis. De l'ombre et des mirages à perte de vue. Le bruit du vent qui s'engouffre entre les volets. L'odeur du temps. C'était un peu comme un paradis. Un ailleurs hors du temps où se mêlaient les rêves. Peut-être pas les rêves les plus beaux, mais au moins de quoi s'évader un peu. Des tables renversées, les rideaux de dentelles, la porcelaine brisée et puis toi au milieu. Allongée. A regarder la grande horloge au fin fond du séjour, à regarder sa course effrénée. Et quand minuit sonnait, quand minuit sonnait tes yeux se fermaient et tu te relevais. Tu tremblais un peu. Il n'y avait rien d'absurde en cela. Parce que les histoires sont faites pour se répéter, et la tienne n'avait plus rien d'heureuse. C'était un peu comme un paradis. Mais le paradis des créatures qui venaient chaque nuit t'enlacer, t'embrasser, t'épouser et t'abandonner au creux des aubes. C'était un peu comme un paradis."

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