dimanche 22 mars 2009

[Trips Around Soundtracks: III. Beck - Everybody's Gotta Learn Sometimes]

"Le regard placide. Sur cette radio restée allumée, une tension. Qui s’étire à l’infini. Qui souffre. Le regard lourd. Des yeux qui se perdent un peu. Les notes qui s’égrènent, là, derrière. Les larmes qui embuent peu à peu. Les mots qui font mal, quand ils résonnent ou ne résonnent pas. Sur la radio restée allumée, la tension. La voix d’un homme. Qui chante. L’amour du junkie. Contrebasse. Langueur. Les mains qui se joignent sous la table, se pressent, s’oppressent, jusqu’à se briser - un peu. Les mots qui s’étirent, et qui n’en finissent plus. Eternels. Comme une condamnation - mais elle reste belle, pourtant. Longue mais belle. C’est tout l’art des feux de bois. Tout l’art de nos rêves. La radio est restée allumée, entretient sa tension. Il ne faut pas s’arrêter maintenant. Ne pas avoir mal. Encore. Là bas il se laisse emporter par ses guitares. Everybody‘s Gotta Learn Sometimes. Souvenir imaginé. Mais ce sont les plus beaux. Instant suspendu. Pont vers l’autre - L’autre réalité, et puis toi. S’essouffler à attendre. Attendre le drame. Mais il ne viendra pas. Instant suspendu - Rester suspendu. En haut. Au bout du fil. Se balancer. Le patin qu’on a oublié dans l’armoire - Ce pantin là reste le plus heureux. Sous la poussière. Sous les drames fabulés. La passion qui brûle. Brûle. C’est comme un achèvement magnifique. La fin des douleurs. Et la fin n’aura pas de fin. Jamais."

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