"- Avancez, je vous prie…
Elle ne put qu’obéir. Il avait ce pouvoir étrange et rare, celui d’imposer sans laisser la moindre place au refus, un charisme pur comme on en trouvait peu. Ainsi, lorsqu’il leva sa main, blanche et interminable, elle suivit son trajet, avide de savoir ce qu’il allait bien faire. Même chose lorsque ces doigts se posèrent sur l’accoudoir de son fauteuil, lorsqu’il y prit appuis pour se lever. Mais lorsque les larges épaules se retournèrent vers lui, et qu’elle découvrit l’autre face de celui qui s’imposait comme son hôte, elle en oublia tout le reste. Seuls comptaient ce visage qu’elle découvrait, et le lot de vérité qu’il put bien lui apporter.
Tout d’abord, il y eut ces pupilles. Grandes, couleur mer, ombragées de paupières lourdes, et qui semblaient à la fois endormis et rêveurs. Puis ce nez droit, parfait, qu’aucune bosse ne venait déranger dans sa ligne. Et ces lèvres fines, allongées en un sourire pensif, dont les coins vinrent s’étirer jusqu’au creux de joues maigres, quoiqu’aux courbes nettes.
Son visage anguleux se prolongeait en un cou émincé, long et gracieux, à la base duquel brillait un minuscule « E » d’or pur, entre les deux branches de son col blanc. Tout son corps d’ailleurs se distinguait par son élégance et sa grandeur qui, sans vêtements et sans un certain appoint, auraient pu lui donner un air bancal. Et là, sur sa poitrine étroite, se dessinait une lettre. Une seule lettre, unique, qui couvrait son épaule jusqu’à l’emplacement de son cœur. Large, de sable et de jade, cerclée de pâle. Un… K?
« K » et « E » comme…
- Je suis ravi de pouvoir vous rencontrer enfin, mademoiselle Alphide…
Elle sursauta. Lui, il poussa un léger rire, qui fit naître sur son visage une étrange lueur, un air de gamin dans une lumière d’ange. Puis, courbant son dos dans une lenteur démesurée, il saisit les doigts de la jeune femme dans sa main glacée, les frôla à peine de ses lèvres. Un tremblement la parcourut. Jamais un souffle ou un corps ne lui avait semblé si froid."
Elle ne put qu’obéir. Il avait ce pouvoir étrange et rare, celui d’imposer sans laisser la moindre place au refus, un charisme pur comme on en trouvait peu. Ainsi, lorsqu’il leva sa main, blanche et interminable, elle suivit son trajet, avide de savoir ce qu’il allait bien faire. Même chose lorsque ces doigts se posèrent sur l’accoudoir de son fauteuil, lorsqu’il y prit appuis pour se lever. Mais lorsque les larges épaules se retournèrent vers lui, et qu’elle découvrit l’autre face de celui qui s’imposait comme son hôte, elle en oublia tout le reste. Seuls comptaient ce visage qu’elle découvrait, et le lot de vérité qu’il put bien lui apporter.
Tout d’abord, il y eut ces pupilles. Grandes, couleur mer, ombragées de paupières lourdes, et qui semblaient à la fois endormis et rêveurs. Puis ce nez droit, parfait, qu’aucune bosse ne venait déranger dans sa ligne. Et ces lèvres fines, allongées en un sourire pensif, dont les coins vinrent s’étirer jusqu’au creux de joues maigres, quoiqu’aux courbes nettes.
Son visage anguleux se prolongeait en un cou émincé, long et gracieux, à la base duquel brillait un minuscule « E » d’or pur, entre les deux branches de son col blanc. Tout son corps d’ailleurs se distinguait par son élégance et sa grandeur qui, sans vêtements et sans un certain appoint, auraient pu lui donner un air bancal. Et là, sur sa poitrine étroite, se dessinait une lettre. Une seule lettre, unique, qui couvrait son épaule jusqu’à l’emplacement de son cœur. Large, de sable et de jade, cerclée de pâle. Un… K?
« K » et « E » comme…
- Je suis ravi de pouvoir vous rencontrer enfin, mademoiselle Alphide…
Elle sursauta. Lui, il poussa un léger rire, qui fit naître sur son visage une étrange lueur, un air de gamin dans une lumière d’ange. Puis, courbant son dos dans une lenteur démesurée, il saisit les doigts de la jeune femme dans sa main glacée, les frôla à peine de ses lèvres. Un tremblement la parcourut. Jamais un souffle ou un corps ne lui avait semblé si froid."

1 commentaire:
Je frissonne à la seule lecture de la description de l'homme. Je m'en rappellerai toujours je crois. Et d'ailleurs j'ai encore quelques dessins dans un vieux cahier noir ;)
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